Nous revoila ainsi lances sur le bitume… en direction de Darwin. Premiere etape : Derby, ou on s’est arrete pour voir l’un des plus gros Baobabs au monde, il fait 14 metres de diametre, et servait de prison aux aborigenes dans le temps. Ensuite, deuxieme etape : le Grotto, du cote de Wyndham pour admirer une belle chute d’eau.
Pour la suite du periple, il nous fallait traverser les Kimberley, zone tres peuplee d’aborigenes, relativement dangereuse du point de vue animal comme humain J. En effet, il y a chaque annee plus de 30000 disparitions en Australie, et pour bien faire peur aux voyageurs comme nous, il y a meme un film qui a ete tourne se basant sur des faits reels, dans cette region du continent. Il s’agit de « Wolf Creek ». C’est l’histoire de trois jeunes voyageurs comme nous qui partent pour trois semaines de trekking dans le désert australien. Ils en profitent pour aller admirer Wolf Creek, un cratère (le deuxieme plus important au monde par sa taille) causé par un météorite vieux de plusieurs milliers d'années. Cette nuit-là, ils retrouvent leur voiture en panne. Lorsque un autochtone leur propose de l'aide, ils se croient sauvés. Pourtant, le vrai cauchemar commence... Il s’agissait de Ben Mitchell, un tueur en serie de backpackers. Sur les 3, un seul a survecu aux tortures de ce fou, les deux autres sont morts dans d’horribles circonstances (pour plus de details regarder le film J). Il n’y a pas eu assez de preuve pour l’inculper, et donc, ce charmant autochtones est toujours dans la nature !! Vous imaginez facilement qu’apres avoir vu ce film, Emma etait quelque peu reticente a l’idee de voyager dans ces alentours.
Moi je tenais vraiment a y aller, mais l’etat des routes ne nous a pas permis de nous enfoncer dans ces chemins, et nous nous sommes limiter a froler Wolf Creek de quelques kilometres.
Ce soir la on a dormi sur un parking pres de Halls Creek, en compagnie d’Allemands, une courte nuit, bien arrosee une fois de plus par cette foutue pluie a en faire palir la Belgique ! On a repris la route vers le Lac Argyle, du cote de Kununura.
Halala, je vous jure que je n’oublierai jamais ce 30 mars 2007. J’avoue que ca ete la plus grosse frayeur du voyage. Je vous explique : a cette epoque de l’annee, la saison des pluies est sur le point de se terminer… oui sur le point, mais elle n’est pas finie ! Et ici, quand il pleut, IL PLEUT ! Les nuits precedentes, il n’avait pas arrete de pleuvoir, a tel point que certaines routes etaient fermees. Apres avoir donc passe la nuit dans un camping a Kununara, on a repris la route sur le coup des 9h du mat, en se renseignant sur l’etat des routes. On nous a dis que la route qu’on avait prise la veille etait fermee (depuis Broome), on a donc eu la chance d’arriver si loin, et que la route en direction de Darwin etait praticable. MOUAI !
A peine avions nous fait 100km, on s’est trouve en face d’une masse d’eau melangee a des cailloux sur la route assez considerable, un ranger interdisait de traverser cette riviere qui avait pris place sur le termak. Il nous a dit que le deblayage allait etre fait dans les heures suivantes, et qu’on pourrait tenter de traverser a nos risques une a deux heures plus tard. Ensuite, se disant qu’on avait le temps, on a emprunte une autre route a sans unique pour aller voir le Lac Argyle. Grosse erreur ! La route etait encore pire, et la, pas de ranger pour nous prevenir ! Du coup, on s’est lance dans la traversee de veritables torrents d’eau. Apres le 6eme, on a jete l’eponge, et on a decide de revenir sur nos pas. Oui mais ! On a pas eu autant de chance que lors de l’aller. Sur un des torrents, on est reste coince au milieu ! Il y avait 50cm d’eau, et ca montait… a tel point que l’eau rentrait dans le van. Du coup, Emma a vite pris le volant, je suis sorti par la fenetre du van, j’ai plonge dans la riviere, et me suis mis a pousser de toutes mes forces. Le pot d’echappement etait sous l’eau, et je le voyais faire des bulles J… Il fallait pas trainer… Heureusement, j’ai reussi a le sortir de la zone de sable dans laquelle nous etions tombes, et on a pu reprendre la route, avec un taux d’adrenaline assez eleve croyez moi !
Apres ces grosses frayeurs, on a rejoint la route principale ou nous etions bloques au paravent, et apres 1h d’attente, on a tente le passage. Cette fois ci, cela a ete un succes, et on etait reparti sur la route de Katherine.
Que n’est ni ! 10 km plus loin, rebelotte, et la, plus de pelleteuse pour deblayer le passage. La route etait inondee sur 800m de long et la riviere etait sortie de son lit pour atteindre une hauteur de 1m au dessus du niveau de la route. On a retrouve les memes voitures qui etaient restees bloquees au paravent, fatalement, du coup, on a commence a papoter. La seule solution qui s’offrait a nous, mise a part faire demi tour, etait d’attendre que le niveau de l’eau baisse, ce qui allait etre facilite par la fin de la pluie. On etait une dizaine de voitures a attendre tous ensemble, et pour finir, apres 6 heures d’attente, les premiers vans ont tente le passage, puis vu leur succes, on a suivi. Le soir on s’est pose sur un parking, ou on a retrouve les memes allemands que sur le precedent ! On a passe un bonne nuit pour nous remettre de nos emotions, et en priant pour que le ciel nous epargne cette nuit la J.
La derniere photo temoigne du danger animal… sur la route en 2 jours, on a vu pas moins de 8 serpents, certains morts comme celui-ci, mais 5 autres etaient vivants, mais moins facile a photographier…